Selon la Direction des statistiques et des Etudes
POINT STAT N° 19
Etude sur les 5 premiers mois 2000 de la consommation de soins de ville des assurés couverts par la CMU, il apparaît une sur consommation de soins, après correction par sexe et tranche d'age
CMU complémentaire : 2358,00 F
Régime général : 1850,00 F
Les dépenses d'auxiliaires médicaux concernent à raison de 48.2% les plus jeunes (donc infirmiers ères et Kiné) écart de consommation moyenne, entre CMU/ complémentaire et Régime général (en données corrigées d'âge et de sexe)
Janvier à Mai 2000 + 20,1%
Notons que cette population, auparavant sans couverture sociale si complète, utilisait les services hospitaliers notamment ou les centres de soins gratuits.
Selon le G.A.I.N (Groupe d'animation et d'impulsion National)
Les soins de suite, d'après le code de la santé : " Dispenser de soins de suite et de réadaptation dans le cadre d'un traitement ou d'une surveillance médicale à des malades requérant des soins continus dans un but de réinsertion "
Ils représentent 9% des dépenses hospitalières prises en charge par la sécurité sociale
102594 lits installés dont 8705 en court séjour mais fonctionnant au coût des services de réadaptation, or, d'après le G.A.I.N :
Quelques comparaisons chiffrées :
1 séance en cabinet libéral = 91,00 F à 117,00 F
1 journée en centre de rééducation = 2000,00 F
1 journée d'hospitalisation = 3500,00 F à 5500,00 F
L'étude montre que par " groupes de patients proches ", l'hospitalisation intéresse, en lits :
alors que son rôle premier : Rééducation intensive + soins infirmiers et nursing = 4 %
Globalement, les services hospitaliers qui hébergent avec faibles soins ou pas du tout = 25 % des services
Il en découle que les délais d'attente sont d'autant plus importants que les soins lourds, avec dans 23 % des cas un exil du département de domicile.
Le taux de proximité de l'hospitalisation est de 50 % à 80 % dans 10 régions sur 24 et seulement 41,3 % en Ile de France.
Conséquences :
Frais de transports
Soins de ville en attendant le placement ou l'hospitalisation en court séjour (6 % des patients y attendent plus de 28 jours, pourtant parmi eux 40 % ont besoin de soins de suite ou de réadaptation.)
Plus les soins sont lourds et plus le délai est important : 26 % des patients ne trouvent pas de réponse adéquate à leur état, donc retournent aux soins de ville.
Enfin notons une démographie d'accueil totalement disproportionnée entre le Nord et le Sud de la Loire :
La norme est de 100 à 180 lits / 100 000 habitants dont 30 à 50 pour la rééducation ; pourtant le rapport est de 5,5 entre le moins (Champagne Ardennes) et le plus (Languedoc Roussillon)
Conclusion
1) Les cas les plus lourds seront traités en soins de ville alors que par vocation, ce devrait être le rôle des structures hospitalières.
2) L'attente de placement se fait par les soins de ville, justement quand l'état des patients nécessiterait le suivi constant en milieu hospitalier
3) Seulement 23 % des patients recevront les soins minimum de rééducation (pour cette qualification légale) en milieu hospitalier, malgré un coût vingt fois supérieur à celui des soins prodigués dans nos cabinets.
4) Il apparaît évident que les soins de ville assurent dans tous ces cas, dans son enveloppe globale, la défaillance du système hospitalier face aux pathologies lourdes, et les rééducations classiques dans l'attente de leur placement.