MESDAMES ET MESSIEURS LES ELUS
Nous sollicitons de votre haute bienveillance toute l'attention nécessaire à notre intervention .
Le 16 décembre dernier , nous avons adressé à Mr Jospin , Mme Guigou et à la CNAMTS des pétitions et une brève explication sur les problèmes de notre profession . Ceux-ci s'aggravent et les perspectives s'obscurcissent : pas de réponse !
En effet , l'avenant conventionnel daté du 5/10/2000 , signé par un syndicat ne représentant qu'une infime partie de la profession , en créant une enveloppe globale , fait que nous professionnels de santé ne sommes plus en mesure d'assumer notre rôle , à savoir : assurer les soins de proximité , permettre aux plus fragiles et aux plus isolés l'accès aux soins .
La gestion quotidienne de nos actes dans les limites imposées nous empêche d'honorer toute demande urgente sans sanction immédiate ( cf : explication sur l'avenant du 5/10/2000 )
Pourtant nous , kinésithérapeutes libéraux avons subi une diminution tarifaire autoritaire le 01/08/2000 sans aucune concertation , soit 300 millions d'économie alors que l'immense majorité d'entre nous respecte les quotas annuels prévus par la loi (45 000 lettres clé/an ) .
La CNAMTS instigatrice de cette situation se réfugie derrière le vote parlementaire , mais nos députés et sénateurs sont-ils TOUS exactement au fait des conséquences ? , leur a-t-on expliqué clairement ? C'est pourquoi nous tenons à informer nos élus ( avec les chiffres de la CNAMTS ) pour en démontrer la stupidité de certains aspects , la perfidie d'autres et les inconvénients qui en découlent .
Nous suivons donc , contraints , les directives iniques , pourtant les économies sont loin d'être évidentes lorsque l'on sait que le coût de l'un de nos actes est vingt fois inférieur à celui d'une journée en centre et quarante fois moins onéreux qu'une journée d'hospitalisation .Que dire de l'aspect psychologique du maintien à domicile d'un jeune enfant ou d'une personne âgée dans son village ?
Maintien à domicile qui pendant des années pour les responsables comptables et politiques était synonyme d'économie .
Où est l'économie quand la CNAMTS nous impose des bilans rémunérés comptabilisés dans l'enveloppe globale (autant de soins en moins ) dont le seul but est d'éviter au médecin conseil de faire son travail qui est de contrôler (cf : exemple du coût des bilans ) .Il est bien sur beaucoup plus facile de jeter l'opprobre sur l'ensemble d'une profession que d'expliquer de vive voix à un assuré que le traitement prescrit par son médecin n'est pas nécessaire .
L'enveloppe globale allouée entraîne des diminutions tarifaires pour tous , même si chacun respecte les quotas légaux garant d'après la CNAMTS de soins de qualité .Il s'agit donc là d'une sanction collective (cf : explication de l'avenant du 5/10/2000 ) ce qui paraît ne pas respecter la constitution de la République .
La volonté sournoise d'étatiser la médecine libérale est évidente , mais l'épidémie , l'accident ne sont pas régis par des lois comptables .Dans ce plan initié par Monsieur Juppé et mis en place par Madame Aubry , les professions libérales de santé sont vouées à disparaître , mais par là même , la vie rurale des plus faibles , des plus handicapés qui devront être bientôt regroupés dans des structures hospitalières onéreuses , est elle aussi menacée .
Nous sommes bien entendu conscients que notre système de protection sociale a besoin de profondes modifications
Mais faut-il pour cela instituer des sanctions collectives pour ceux qui respectent les règles ? La médecine à deux vitesses : avec et sans remboursement ?
Mais faut-il pour cela entraîner des coûts plus élevés pour des soins que nous pratiquons localement depuis des années .
Un département comme le nôtre est avant tout rural , les structures publiques de soins sont bien insuffisantes et très mal gérées (cf : annexe " statistiques du G.A.I.N " ), sans nos cabinets , dont l'installation et le fonctionnement ne coûtent rien à la collectivité ,beaucoup de nos concitoyens malades ne pourraient continuer à vivre dans nos villages . Aussi bataillons nous aujourd'hui et vous demandons de lutter ensemble dans l'intérêt de chacun et de tous en même temps .
Ces derniers jours , différents médias ont insisté sur le nouveau dérapage des dépenses de santé pour l'an 2000 qui serait, selon leurs dires, essentiellement du fait de la médecine de ville .
Il serait honnête de préciser :
Il eût été équitable , de la part de Madame AUBRY, d'en tenir compte au mois d'août 2000 plutôt que d'accuser les kinésithérapeutes libéraux de faire de l'abattage de patients .
De plus, au 01/01/2001 tous les droits furent prorogés sans vérification de la nouvelle situation des bénéficiaires, qui , pour certains, ne devraient plus en bénéficier (reprise d'un emploi par exemple).En sera-t-il de même en Juin 2001 ?
Dernier exemple de l'absurde et irresponsabilité de la CNAM :
Selon les dires de Madame Yvette Ract (médecin conseil national adjoint ) datés du 27/12/2000, en réunion avec certains de nos confrères , le désir de la CNAM est de limiter à 20 actes/jour/cabinet .Soit 30 000 lettres clé/an/cabinet .
Or , 20 actes/jour sur 5 jours ouvrés = 100 actes par semaine soit , 5 200 actes par an .L'acte minimum étant coté 7 donc 36 400 lettres clé/an/cabinet .
36 400 - 30 000 = 6 400 lettres clé soit 9 semaines de congés sans remplaçant . Nos concitoyens malades vont sans nul doute apprécier ces vacances .Il va sans dire que nous avons commencé à les informer de toutes ces conséquences et nous saurons leur indiquer les différents responsables .
Nous ,coordinations ou collectifs ne sommes pas politisés et rassemblons largement , c'est pourquoi nous demandons votre appui pour être entendus, afin d'abroger la convention et son avenant du 05/10/2000 , pour ensemble bâtir sur de nouvelles bases l'avenir de la santé libérale du pays en en respectant le principe républicain immuable de nos institutions , la démocratie, donc la représentativité de toutes les parties.
Nos coordinations ou collectifs sont enregistrés officiellement en préfecture en tant qu'associations loi 1901, regroupés en Collectif National des Masseurs-Kinésithérapeutes.
Afin de remplir notre rôle au sein de nos départements ,
Afin de permettre à tout malade de rester dans son environnement ,
Afin de trouver les meilleures solutions pour la santé publique
Joignez vous à notre
requête, demander la raison et l'équité, envoyer,
publier le courrier type ci-joint aux assemblées d'Elus et aux
responsables décideurs :
Ensemble , montrons à nos citoyens que leur santé nous importe au quotidien !