LES MÉFAITS DE LA MONDIALISATION
SUR LE SYSTÈME DE SANTÉ FRANÇAIS

 

La défense du système français de santé passe aussi par la défense des professionnels libéraux.

Le système français, qui est le plus performant au monde pour un plus grand nombre, est géré par la « Sécurité Sociale » ou CNAMTS ( Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés), sur laquelle se calquent la plupart des autres caisses de sécurité sociale. (travailleurs non-salariés, mineurs, RATP, etc.) La CNAMTS à travers ses relais locaux CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie)- sensés être indépendants- est un organisme privé qui gère les cotisations privées calculées directement sur les salaires. Ces cotisations retenues sur les salaires sont payées par les employeurs à un organisme public l’URSSAF (Union de Recouvrement de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales )

Premier problème : -L’URSSAF, donc organisme d’état, met 6 mois pour verser ces cotisations (qui ne souffrent pas un jour de retard de paiement pour les employeurs ou les travailleurs non-salariés sous peine de 10% de pénalité) à la CNAM. En attendant, le Ministère des Finances avance de l’argent du budget global de l’État avec intérêts. Ce montage financier permet à l’État de se prendre un bonus sur les cotisations privées de sécurité sociale, ce qui participe au déficit. Ce montage, qui passait inaperçu dans les années fastes, est devenu inadmissible.

Et l’on voit pointer le nez du deuxième problème qui dépasse le problème Droite-Gauche: La Loi Juppé. En effet un gouvernement de droite à fait voter une loi, malgré l’opposition de certains syndicats (Souvenez-vous des grèves dans les transports en 95 !) permettant au parlement (donc à l’État) de gérer le budget de la Sécurité Sociale à la place des organismes paritaires (les différents syndicats). + DE 1.300 milliards de francs. Plus que le budget de l’État . Et l’on voit les grands groupes privés (AXA, la Générale des Eaux, Les banques…) lorgner sur cette incroyable galette qui leur échappe. La Gauche, dans la même ligne, continue ce travail de sape, de plusieurs façons :

Le déficit (ou Trou) qui était surtout dû à la baisse des recettes ( Merci le chômage) a été comblé par une augmentation des prélèvements, CSG, CRDS entre autres. (100 milliards sur 5 ans) Maintenant que la reprise est là et le trou comblé, que les recettes ont à nouveau augmenté, l’État crée la CMU ( ce qui est bien, des oubliés de la croissance peuvent se faire soigner ) avec une mutuelle gratuite.

D’où, Troisième problème : Il n’y a pas de compensation de la part de l’État pour les suppléments de dépense. ( + de personnes sont prises en charge ) et la SS paie pour d’ autres dépenses décidées par l’État (affiliation automatique des prisonniers, paiement d’une partie du RMI –et oui bizarre non ?-, vaccination inutile contre l’hépatite B qui a coûté 1,5 Milliard de F mais pas inutile pour l’entreprise Mérieux, et pourquoi pas le financement des 35 Heures, etc…)

Quatrième problème : Les dépenses ne peuvent qu’augmenter. La population vieillit et donc est plus demandeuse de soins. Les accidents de la route font à peu-près toujours autant de tués mais plus de blessés gros consommateurs de soins, le SIDA est en partie jugulé au prix de médicaments très coûteux, l’espérance de vie des malades atteints de maladies génétiques augmente, etc…Mais cette augmentation est arbitrairement fixée à 4,5 % pour 3 ans par le parlement alors que l’inflation en 2000 est de 2,5 % ( le carburant a augmenté non ?) sans fondement médical. Tout dépassement ( inévitable) provoque des sanctions collectives par profession, en faisant baisser les lettres-clés.

Cinquième problème : Cette augmentation se fait au dépend des professionnels de santé à qui l’on baisse le prix des actes ( la lettre-clé des kinés est passée de 13.40 F à 13 F, soit 3% de baisse alors que l’inflation en 2000 est de 2.5 %). NB : Les kinés ne sont pas si nantis que ça. Un concours difficile, 3 bientôt 4 ans d’études sélectives, et plus de 55% de charge ( Sur les 7 x 13 = 91 F d’une séance de rééducation du dos, il reste 40 F pour une demi-heure de travail en « net à déclarer avant impôts » ce qui fait par exemple, 15000 / 4 semaines / 40 F de la demi-heure = 47 heures de travail pour 15 000 F par mois + les heures à faire la comptabilité + les heures à faire les feuilles de soins + les heures à faire la télétransmission avec les caisses… et tout cela SANS congés payés et AVEC 0 F d’indemnité pendant 91 jours en cas d’arrêt de travail) Et si on veut travailler plus (ou trop ?) : Des quotas qui, quoiqu’on en dise à la télévision sont bien réels : 45 000 lettres-clés à 13 F bruts (et non pas patients ) par an. Si on dépasse, tout franc gagné en travaillant plus est intégralement reversé à la CPAM. Alors pourquoi des sanctions collectives en nous baissant le prix de nos actes alors qu’il existe déjà des sanctions individuelles sous forme des quotas ?

Sixième problème: Cette augmentation se fait au dépend du système mutualiste. En diminuant le pourcentage remboursé par les caisses (par exemple 70 % pour les vignettes blanches, 30 % pour les bleues, 60 % pour les soins kinés…) en faisant passer certains médicaments de 70 à 30 %, cela oblige les mutuelles à rembourser plus, car les mutuelles ont l’obligation de rembourser le Ticket Modérateur sur les soins conventionnés. Donc moins la SS rembourse et plus les mutuelles remboursent, ce qui fait qu’elles doivent sans arrêt augmenter leur prix ( + 12 % en moyenne cette année). Obligation qui ne sera pas obligatoire mais contractuelle pour une assurance privée. De plus, les mutuelles reçoivent 1500 F/an de l’État par affilié CMU en compensation de leur adhésion, ce est qui nettement insuffisant et génère des sur-coûts payés par l’ensemble des mutualistes.

Conclusion : Observons d’abord quelques signaux qui peuvent être passés inaperçus. En 96, Mr Bébéar, patron d’AXA, annonce qu’il est prêt à faire une Sécu privée. Démenti immédiat, il a mis les pieds dans le plat un peu trop tôt. Rhône-Poulenc bazarde tout son secteur chimie-lourde pour s’allier avec l’allemand Hoescht pour créer le groupe Aventis 4ème producteur mondial de médicaments. La Générale Santé, division du groupe Universal-Vivendi (ex Générale des Eaux) rachète les cliniques en difficulté (Par philanthropie ?).

Nous avons vu que la SS pèse + de 1300 milliards de francs. 48% va à l’hospitalisation publique et privée, 30% pour le remboursement de médicaments ( Les fabricants vont très bien, on ne les entend jamais se plaindre) et environ 22% ( 18% pour les médecins donc 4% pour les ambulances et les tous auxiliaires médicaux) pour les professionnels de santé. 22% qui sont partagés en honoraires entre des centaines de milliers de professionnels tout petits-petits…

Nous comprenons donc rapidement qu’en tuant le système libéral, en regroupant au sein de structures contrôlées par des grands groupes privés ces professionnels devenus salariés, (mis en place du PSI pour les infirmiers, réseaux de santé..) en tuant le système mutualiste, on arrive à la main-mise des multinationales sur la santé des français.

A terme, le système de santé le plus efficace du monde qui permet à tout le monde d'accéder à la santé (On ne laisse pas mourir un clochard devant la porte d'un hôpital) , va être bradé aux assurances privées ( le groupe AXA par exemple, 1er groupe mondial d'assurances ) avec un système à deux vitesses comme en Grande Bretagne (qui a été le « laboratoire » de la déréglementation et de la mondialisation en Europe pendant les années Thatcher):

- Une sécurité sociale de base "publique" qui prendra en charge financièrement tous les soins à condition de passer par le médecin référent ( auquel on s'abonne : déjà en place dans certaines régions en France), ce qui veut dire 2 ans de liste d'attente pour se faire opérer d'une hernie, 3 mois pour une échographie de la thyroïde (tant pis si l’on débute un cancer entre-temps), pas de médecin à domicile si épidémie de grippe et six heures dans sa salle d'attente, salles communes de 30 malades à l’hôpital public (on revient au Moyen-Âge), mais pas de remboursement des visites et des médicaments si vous appelez SOS Médecins lors de la même épidémie par ce que la grippe vous cloue chez vous.
- Une assurance privée et donc payante qui vous permet de vous faire soigner rapidement MAIS vous serez remboursés comme toute assurance à hauteur de vos cotisations... C'est à dire si vous payez 1000 F / mois vous serez remboursés jusqu'à concurrence de 400 000 F /an. (ces chiffres sont faux mais ont valeur d'exemple) Et, je ne vous le souhaite pas si ça vous arrive, il se peut qu'un jour vous soyez obligés de choisir entre une opération du cœur et un traitement de votre cancer, car au-delà de la limite liée au montant de votre cotisation, votre assurance ne vous prendra pas en charge, ce qui n’existe pas avec la sécurité sociale.

 

NB : une rupture d’anévrisme- ce qui peut arriver à n’importe quel adulte jeune- au niveau du cerveau avec hémorragie méningée sans séquelles neurologiques donc sans rééducation longue et coûteuse pendants des mois, avec coîlisation de l’anévrisme, 3 jours de réanimation et 18 jours de service spécialisé coûte 357 000 Francs.

 

Patrick BÉGUIN pour le C.N.M.K. ( Collectif National des Masseurs Kinésithérapeutes )
41 chemin des Oliviers
Le Pas du Loup
83500 LA SEYNE SUR MER
tél et fax : 04 94 06 00 57
portable : 06 11 89 93 46
beguin.patrick@wanadoo.fr
http://beguin.voici.org

 

 

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